J’ai écouté 13 reasons why

9 mai 2017

13 reasons why

J’ai écouté 13 reasons why

J’ai écouté 13 reasons why en 2 jours, accompagnée par ma colocataire. Et j’avais le goût de vous en parler. Je ne prendrai pas position sur le débat qui fait rage ces temps-ci sur le fait de le faire écouter aux jeunes parce que certaines personnes croient que c’est de l’incitation au suicide. En fait, je vais prendre position, mais je n’argumenterai pas ; ce n’est pas le but de cet article. Je ne crois pas que cette émission encourage le suicide, je pense au contraire qu’elle montre assez bien les dommages que cela cause à l’entourage. Mais oui, il y a une scène de suicide particulièrement difficile à regarder et il y a plusieurs appels à l’aide qui ne sont pas écoutés, nous faisant remettre en question la pertinence et l’aide qui est apportée aux étudiants dans les écoles. Et étant donné que je ne sais pas l’impact que cela peut avoir sur des adolescents en dépression, puisque je ne suis pas dans cette situation ou bien outillée pour prendre position, je préfère donc ne pas trop argumenter là-dessus.

En écoutant les premiers épisodes, avant que tout devienne vraiment hard, je me suis reconnu en Hannah. Pas que j’ai vécu ce qu’elle a vécu, mais je sais que j’aurais pu. Tout ce qu’elle vit, c’est uniquement les conséquences d’avoir fait confiance aux mauvaises personnes. Un gars populaire qui t’invite en date, une fille qui veut être ton amie et qui finit par te frapper pour une histoire de garçon, une autre fille qui part des rumeurs méchantes sur ton compte pour sauver sa réputation… L’histoire d’Hannah, c’est une jeune fille qui croit en l’amour et en la bonté humaine et qui essaie de se faire des amis et de vivre quelque chose. Mais avec les mauvaises personnes et sans amis pour la sauver.

J’ai aimé la façon dont l’émission explique les raisons. Au début, on se dit « ben voyons, c’est pas si pire ! » Ensuite, on voit l’effet boule de neige. Il ne faut surtout pas oublier qu’au secondaire, à l’adolescence, on est tellement émotif et perdu. Je crois qu’on l’oublie en vieillissant. Mon adolescence n’est pas assez loin encore pour que ce ne soit pas encore frais dans ma mémoire. Je me souviens que tout était un drame, que le moindre murmure derrière mon dos qui entachait ma réputation me faisait capoter. Qu’est-ce que les gens vont penser de moi ? C’est la question la plus importante, au secondaire. C’est plate, mais c’est ça.

Il ne faut pas oublier non plus le contexte : être enfermé tous les jours, près de 40 heures par semaine, avec les mêmes humains imparfaits et perdus qui essaient de vieillir du mieux qu’ils peuvent. Chaque personne arrive à l’école avec son bagage familial et émotif. Et mon Dieu que le monde est con au secondaire. Mais c’est la vie, c’est le manque de maturité et l’impression qu’on est meilleur que les autres parce qu’on est cool. Il y a tellement de drama parce que veut veut pas, c’est ce qui se passe dans les endroits clos et les groupes fermés. Chaque personne est exposée et jugée selon les valeurs des autres. Tout le monde connaît tout le monde et tout le monde parle de tout le monde.

L’adolescence, c’est un flou où tu n’es plus un enfant, mais pas encore un adulte, et où tu essaies de trouver ta place, d’être accepté par des gens qui dans l’fond ne sont pas si importants que ça. On a l’impression que c’est le monde entier, le secondaire. Mais on en sort et on se retrouve au Cégep, libre. Malheureusement pour les États-Unis, leur High School dure plus longtemps que notre secondaire ici. C’est peut-être aussi pour ça que tout semble plus gros, plus intimidant, dans l’émission.

Les taches à ma réputation, je les ai vécues un peu plus tard, dans un groupe clos, mais pas relier à mon école à moi. Au moins là, je ne voyais pas ces personnes tous les jours, c’était plus facile de faire un trait sur eux et de ne plus les voir. Et puis j’étais presque au cégep, donc j’étais un peu plus apte à tout digérer et à mettre ça en perspective. Et entourée d’amies formidables aussi. Dramatiques, mais formidables. Mais les gens ne te laissent pas faire d’erreur. Oh no. On dirait que c’est plus difficile pour les filles. C’est peut-être seulement ma perception. Mais j’ai l’impression qu’on est beaucoup jugés sur nos relations avec les gars, sur ce qu’on fait ou ne fait pas, sur notre physique. Il y a beaucoup de pression mise sur des jeunes filles qui se cherchent, qui cherchent l’amour et qui essaient tant bien que mal d’avancer à leur rythme avec un corps qui change et surtout avec les règles de la société. « Tu dois être comme ça, mais pas comme ça. Faire ça, mais pas ça. Avoir l’air de ça, mais pas de ça. »

En écoutant 13 reasons why, je me suis sentie vraiment heureuse que ces années soient derrières moi. On ne peut pas dire que ce qui se passe dans l’école de l’émission ne pourrait pas se passer dans une autre école. Comment de fois on a entendu des blagues des gars sur le corps des filles ? Sur des anecdotes de filles trop saoules dans des partys ? Des « blagues » sur t’es trop ou t’es pas assez. Prude, dévergondée, facile, pas déniaisée, grosse, petite, etc. Une « blague » sur le physique de quelqu’un qui devient un running gag dans toute l’école pendant 1 an, ce n’est plus une blague.

Je crois qu’il y a plusieurs points essentiels dans cette série : premièrement, on voit bien que ce n’est pas une seule personne qui est la cause de la mort d’Hannah, mais bien que c’est l’accumulation de plein de personnes qui a fait que c’était trop. Deuxièmement, on voit le point de vue du seul qui ne lui a rien fait à par l’aimer et être peut-être trop réservé et timide pour être capable d’aller vers elle et lui dire ce qu’il ressent pour la soutenir. Et finalement, la série démontre que l’école (que ce soit les professeurs, les intervenants ou bien les étudiants) n’a pas été capable de voir les signes de tendance suicidaire d’Hannah malgré que ces signes étaient bien là. Et la fin prouve que son drame à elle n’a pas aidé tant que ça à faire bouger les choses. Le pire est que l’intimidation continue. L’intimidation est même faite par les personnes qui sont sur les cassettes ! Elles viennent de se faire accuser d’être une des causes du suicide d’une adolescente et elles continuent à poser exactement les mêmes gestes. C’est quand même fou. Les gens sont trop tournés vers eux-mêmes, vers leurs propres problèmes pour remarquer les autres et pour se soucier des conséquences de ce qu’ils font.

Je suis mitigée pour la deuxième saison. J’aimais le concept des treize cassettes et après la vie continue avec des personnages changés. Je n’ai pas le sentiment que la 2e saison sera essentielle. Mais on verra. On verra aussi si le buzz créé par la première saison sera suffisant pour faire bouger les choses avec l’intimidation.

Vous, vos impressions sur la série ?

J’en profite pour glisser le site web de Tel-Jeune et pour vous dire que parler à quelqu’un de spécialisé dans l’intervention (psychologue ou autre), ça peut faire toute la différence.

By Josiane

Bloggeuse, étudiante, lectrice assidue, rieuse et adepte du bonheur, Josiane cherche continuellement de nouveaux trucs pour remplir son quotidien de magie et de bien-être. Elle retrouve son essence en nature et rêve de vivre de son écriture, installée dans une petite fermette de campagne.

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