À 20 ans, j’avais peur de rater ma vie

14 mars 2017

double flèche

Je crois que tous les adolescents ont déjà eu cette angoisse : rater sa vie. Ou peut-être que c’est juste moi et tout mon entourage. Lorsqu’on arrive en secondaire 5 et qu’ils nous demandent de faire un choix d’études, on dirait qu’on joue notre vie. Personne ne nous dit « relax, personne fait la même chose toute sa vie anyway. T’as le droit de te tromper. » Nope ! On fait des milliers de tests de personnalité pour savoir dans quel secteur on devrait aller, on pleure quand les résultats ne sont pas ce que notre cœur nous dit, on doute, puis on essaie de prendre une décision en écoutant l’avis de tout le monde.

« Va en ressources humaines, y’a de la job ! »

« T’as du potentiel, ferme-toi pas de portes et va en sciences pures ! »

« Tu vas faire quoi avec ça après tes études ? Y’a tu de la job là-dedans ? »

« J’te verrais au public, moi. Tu es très bonne avec les gens. »

On essaie de prendre l’opinion de notre entourage parce qu’on les aime et qu’on doute de soi. On regarde notre avenir et l’on essaie d’apercevoir, dans le brouillard, ce qu’on aimerait devenir. Mais c’est comme devoir prendre une décision à un carrefour en voiture lorsqu’on ne connaît pas notre destination finale. Impossible.

J’ai fini par trouver mon chemin…

J’ai fini par trouver, je crois. Par avoir une image claire dans la tête de l’endroit où je voulais être. Mais j’ai trouvé à 21 ans, après 3 changements de programme au cégep, un DEP, une année de travail et quatre mois dans une autre province. Là, je suis à l’université. J’ai trouvé parce que j’ai arrêté d’écouter la petite voix qui me disait que les études littéraires, c’était un domaine « sans avenir ». Je me suis rendu compte que l’écriture était la seule chose qui m’habitait constamment, peu importe où j’étais dans ma vie. Que c’était mon essence ! Mais je suis chanceuse et je remercie le ciel de voir aussi clairement maintenant. Parce que je sais ce que c’est, de naviguer en mer dans la brume, sans avoir de repères, en étirant le cou désespérément pour apercevoir un phare qui nous indiquera le chemin.

J’ai eu peur de rater ma vie plusieurs fois. C’est intense, quand on y pense. C’est beaucoup trop de pression. Avoir un choix entre deux programmes qui te tente, deux programmes différents qui peuvent t’amener à deux endroits à l’opposer dans la vie, et te dire que tout se joue maintenant. Oui, il est toujours possible de changer. Mais rendu à la mi-vingtaine, ça ne te tente peut-être pas de te lancer dans un programme universitaire de 6 ans sans savoir si c’est vraiment ça que tu veux. Un moment donné, tu veux arrêter de te tromper et avancer. Parce que tu vois les années filer et tu penses aux enfants que tu aimerais avoir avant 35 ans. Tu vois ton amoureux, en stand by, qui t’attend. Tu te mets des deadlines, des échéances, des limites. Tu penses à la maison de campagne dont tu as toujours rêvé, mais lorsque tu regardes dehors tu ne vois que les buildings de la ville. Tu te dis qu’à cet âge, tu n’as plus le droit à l’erreur. Que si tu prends la mauvaise décision, tu vas perdre 10 ans de ta vie et finir caissière chez McDo. Que ce choix en particulier va définir toute ta vie. Mais non.

Un choix n’est pas définif, jamais.

Si tu as 16, 18, 20 ou même 25 ans et que tu te reconnais, j’ai le goût de te dire de faire confiance à la vie. Je crois foncièrement que la vie nous amène là où nous devons aller. Si ce n’est pas maintenant, ce sera plus tard. Et peut-être dans quelque chose auquel tu n’auras jamais songé et sur lequel tu seras tombé par hasard. Plusieurs personnes changent de vie à 40 ans, comme ça, du jour au lendemain. Pourquoi pas ? Il faut arrêter de se dire que nos décisions vont couler les 60 prochaines années de notre vie dans le béton et qu’une session de « perdu », c’est la fin du monde. T’as le temps. Vis toutes tes expériences à fond. Vis le présent. Le bonheur doit être un état d’esprit et non une finalité, parce que ça se peut qu’en arrivant, le paradis city auquel on s’accrochait nous fasse pleurer.

Car si tout n’a été que tristesse pendant le trajet et que la destination est décevante, qu’est-ce qu’il nous reste ? Si l’on a oublié de regarder autour de nous et de sourire pendant le voyage, trop occupé à essayer d’apercevoir l’horizon derrière chaque tournant et d’anticiper les pancartes indicatives, quels souvenirs nous restent-ils ? Chaque expérience influence la personne que nous devenons, nous transforme et nous guide vers ce qu’on est destiné à devenir. Et ça, c’est vraiment formidable.

By Josiane

Bloggeuse, étudiante, lectrice assidue, rieuse et adepte du bonheur, Josiane cherche continuellement de nouveaux trucs pour remplir son quotidien de magie et de bien-être. Elle retrouve son essence en nature et rêve de vivre de son écriture, installée dans une petite fermette de campagne.

2 Comments

  1. Répondre
    Lilas

    C’est peut être un peu exagéré ce que je vais dire et c’est en plus la première fois que je viens sur un blog mais ce que tu as écris à completment changé la vision que je me faisais de ma vie, merci.

    1. Répondre
      Josiane

      Wow, ton commentaire me va complètement droit au coeur. Je suis tellement contente que mes mots aient pu ouvrir une porte de réflexion chez toi! Merci tellement xx

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