La fois où j’ai compris c’était quoi , le consentement

26 octobre 2016

Le consentement

On parle beaucoup de la culture du viol, c’est derniers temps. J’ai lu beaucoup d’articles de blog à ce sujet (je mettrai les liens au travers de l’article), tous très pertinents. La société et l’actualité ne seront pas le sujet de cet article; je vais vous parler de moi, de mon adolescence. Oui, again.

Ma réflexion a commencé lorsque j’ai écouté l’entrevue des deux jeunes femmes à Tout le monde en parle à propos des agressions sexuelles sur les campus universitaires (et ce qui entoure la dénonciation). J’en suis restée su’l cul, en bon français. Leurs témoignages ont fait écho en moi et ça a bougé des affaires pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que je comprenne quoi : J’avais moi aussi vécu des moments où on dit oui en ressentant un non à l’intérieur de soi, étouffé par des raisons non valables.

http://lecahier.com/le-consentement-oui-mais-non/

Le fameux « Est-ce que tu veux venir écouter un film chez moi? » d’un gars. Je vous parlais ici que j’avais eu de la difficulté à comprendre les conventions sociales établies quand je suis arrivée à l’adolescence. Comment est-on supposées savoir, en tant que jeunes filles, qu’en acceptant d’aller écouter un film chez un ami-de-gars, on accepte implicitement un & chill non proposé? Et si rendue là-bas, lorsque la main du-dit garçon commence à glisser sur notre cuisse, on s’interpose et on dit non? Le chantage émotif commence… T’aurais dû le savoir! Come on, juste un bec. T’es dont ben agace de m’embrasser pis de vouloir partir! Aweille, tu le savais en venant ici!

Je.Ne.Dois.Rien.À.Personne.

Mon.Corps.Ne.T’appartient.Pas.

Être une adolescente qui se cherche, qui meurt d’avoir l’approbation des autres et qui cherche l’amour naïvement, mélangé aux adolescents aux hormones en ébullition qui ne se sont jamais fait enseigner la définition du consentement, ça donne des oui qui veulent dire non, ou des non pas forts, ou des non forts mais qui finalement, après 30 minutes de chantage, se transforme difficilement en oui. L’absence de non ne veut pas dire oui.

C’est un garçon que tu aimes bien qui insiste, qui t’embrasse dans le cou même si tu restes figée, c’est la peur de se faire slut shamer et traiter de pute ou d‘agace parce qu’on dit non une fois rendue dans la chambre.

C’est ne pas avoir le droit de vouloir « juste dormir » à côté d’un ami-de-gars après un party sans envoyer des messages de consentement qui rendent l’obligation d’avoir un oui clair facultative.

C’est ne pas vouloir faire une scène parce que tu ne veux pas briser la réputation d’un garçon que tu apprécies lors d’un party parce que tsé, il était juste un peu insistant, même si tu as quitté la pièce le coeur battant d’angoisse.

http://www.tonpetitlook.com/fr/2016/10/25/jai-contribue-malgre-moi-la-culture-du-viol

Ce qui est vraiment difficile, c’est quand tu te mets à fuir les invitations où une situation comme ça pourrait arriver. Tu ne vas plus aux partys dans des maisons privées, tu ne vas plus écouter de film, tu t’assures de ne jamais être seule avec un garçon chez lui… C’est essoufflant, cette barrière continuelle, ce casse-tête social, cette crainte toujours présente de devoir repousser des avances malvenues et de faire de la peine. C’est drôle, quand même… Ne pas vouloir brusquer le garçon qui te brusque, ne pas vouloir lui faire de la peine. Maudite éducation des filles qui t’apprend à ne pas élever la voix.

C’est ce qui t’amène à te refermer, à éviter les contacts et à être vulnérable.

Je parlais de ce sujet autour d’une bière avec deux amies Samedi passé. Je racontais le témoignage d’une fille que j’avais lu sur une agression sexuelle qui commençait lorsqu’elle avait suivit son agresseur dans son appartement après une soirée un peu arrosée. La réponse de l’une de mes amies : « Ben là! Elle s’est pas donné de chance, il avait bu pis elle est allée chez lui! »

C’est ça, la culture du viol.

http://lecahier.com/comprendre-et-denoncer-la-culture-du-viol/

Je me sens comme dans une immense vague qui me bouscule de partout, ces derniers temps. J’ai l’impression qu’on fait des milliers de pas en arrière en tant que société, et j’espère de tout mon cœur que c’est pour mieux se précipiter vers l’avant.

Je vous conseille particulièrement le livre Les Superbes qui est une enquête sur le succès des femmes et sur toute l’intimidation que cela amène.

#stopcultureduviol

J’vous aime .

By Josiane

Bloggeuse, étudiante, lectrice assidue, rieuse et adepte du bonheur, Josiane cherche continuellement de nouveaux trucs pour remplir son quotidien de magie et de bien-être. Elle retrouve son essence en nature et rêve de vivre de son écriture, installée dans une petite fermette de campagne.

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