Ma vulnérabilité

16 octobre 2016

ma vulnérabilité

Vulnérabilité : n.f. : Caractère de ce qui est vulnérable, fragile, précaire, de ce qui peut être attaqué, blessé, endommagé.

J’ai longtemps vécu dans une bulle. Pas le genre de bulle d’or créée par nos parents quand on est tout petit, de peur qu’il nous arrive un malheur; non. Plutôt une sorte de naïveté, peut-être dû au fait que j’habitais éloignée dans un village très loin des grandes villes. J’ai grandi au rythme des films de Disney et des histoires d’amour que j’inventais à mes Barbies. Ouaip.

Un catapultage dans une ville un peu plus civilisée plus tard, outch. Du haut de mes 11 ans, je n’ai pas eu de parachute pour atterrir en douceur, parmi ces gens inconnus et tellement différents. Deux mondes, littéralement. J’étais Anne, la maison aux pignons verts, arrivée dans une sorte de monde parallèle où les règles n’étaient plus du tout les mêmes. Moi et ma naïveté romantique, on a prit une débarque.

Mais ça s’est passé en douceur, comme Alice qui tombe à l’infini dans le terrier du lapin. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. J’ai fais confiance, comme j’avais toujours fait. J’avais ce besoin de m’exprimer, d’être différente et surtout, je me suis cherchée durant de longues années. À l’adolescence, j’ai laissé entrer des gens dans cette bulle, dans ce cœur qui battait encore au rythme de La Belle et La Bête. J’avais cette soif d’amour, cette soif d’aimer surtout, ce besoin de vivre intensément et de ressentir ce sentiment dans chaque parcelle de ma peau.

D’où la chute.

Ma bulle a éclaté, sans surprise, quand j’ai appris ce que c’était la méchanceté gratuite. Quand je me suis rendue compte que les garçons (et certaines filles un peu bitchy au secondaire) étaient capables de dire beaucoup de belles choses sans les penser une seule seconde. Que souvent, il y avait des intentions cachées, parfois même pas très bien. Ça semble évident pour la plupart des gens, mais moi, je parlais le fourchelanguesans le savoir. J’étais Harry Potter dans L’Allée des Embrumes. Sauf que Hagrid n’est pas venu me sortir de là, j’ai dû avancer à tâtons, dans le noir, en évitant les pièges que j’étais la seule à ne pas voir.

Mon coeur à réparé ses morceaux par lui-même, à coup de plasters et de temps . Mais Taylor Swift l’a dit : >Band-aids don’t fix bullet holes . C’est peut-être pour ça , la vulnérabilité, 5 ans plus tard . Les blessures ont mal cicatrisé . Pis c’est sûr que de les réouvrir une fois de temps en temps , ça aide moyen à la guérison .

C’est difficile d’accepter de laisser entrer un inconnu chez soi après s’être fait cambrioler . C’est la même chose avec l’amour . Un moment donné , tu barres ta porte pis tu t’achètes un pitbull . Pis là tu peux enfin te reconstruire en paix . Pis oui, tu ressembles à l’état des routes à Montréal. Ça prend ben du temps à réparer si tu veux que ce soit fait comme du monde. Pis le temps que ce soit fini , tu t’es habitué à ton chien protecteur et à ta bulle de sécurité pis t’oses plus sortir . Le souvenir est encore trop frais , même si y’a plus de traces physiques . Faque tu te dis que c’est pas grave, que t’es encore jeune, pis qu’anyway l’amour à ton âge, ça dur jamais.

Jusqu’à ce que tu vieillisse et que la société te dises que les pitbulls , c’est rendu illégal . Faque là , pu le choix de débarrer la porte . Mais après autant de temps , est-ce qu’il y a encore du monde qui veut entrer dans ta demeure ? Est-ce que tu n’es pas , au contraire , catégorisée comme l’ermite du village ? Comment on fait pour renouer contact ? C’est comme sortir de prison et retourner dans la société après 10 ans . Jme sens comme Suzanne , dans Unité 9 .

Les gens autour de moi remplissent leur maison avec des chargements entiers de meubles IKEA , assemblés à coups de projets de vie à deux . Pour avoir ça, paraît que la mode maintenant , c’est de laisser les inconnus entrer dans notre maison pour leurs montrer l’argenterie avant de les connaître . Magasiner, sans rien devoir à personne, en rentrant dans chaque maison comme un agent d’immeuble. La nouvelle méthode , sans chien de garde du coeur . Si je préfères garder mes objets de valeur dans un coffre fort , est-ce que ça me condamne à la solitude à perpétuité ? Est-ce que ça m’interdit le magasinage chez IKEA ?

C’est ça , la vulnérabilité . C’est avoir peur de sortir de la prison parce que y’a pas de maison de transition . C’est le goût de la liberté sur le bout de la langue , avec une angoisse dans le fond du ventre . C’est avoir envie qu’il y ait quelqu’un pour t’attendre , de l’autre bord de la grille , pour te dire que ça va être correct et qu’il a la situation en mains . C’est vouloir une maison , pis un chien , pis des enfants , sans être capable de chercher une moitié d’être pour exister avec toi . C’est monter tes meubles IKEA par toi-même, une assurance-vie pas trop utile dans une main et un plan d’hypothèque dans l’autre, avec tes deux chats qui te regardent.

Pis ça, ça te fait remettre Cendrillon en question ben vite, même si secrètement, tu te fais des marathons de High School Musical, en te disant que « my god que ça vend du rêve », en pensant pourtant « je voudrais dont ben que ça m’arrives ».

Pis malgré toi, tu souhaites revenir à ton enfance parce que tu penses toujours ben sincèrement que c’est toi qui a raison de penser qu’on devrait swaper des textes de présentation au lieu de photos de gars à moitié nus en compagnie de l’animal de compagnie de leur ex avec « DTF » comme seul message de description.

Pis fuck les gars (pis les filles) qui peuvent pas s’empêcher d’utiliser leur bouche comme lance-missile-à-scraper-le-coeur. Paraît qu’il faut pas leur en vouloir, qu’ils crachent du venin pour oublier leurs propres morsures. Je vais vous donner le conseil d’une fille qui a dépensé ben du temps et de l’énergie pour réparer ce que vos mitraillettes-de-méchancetés ont causé. Pour citer une femme d’exception (ma mère) : Si t’as rien de gentil à dire , tais-toi.

By Josiane

Bloggeuse, étudiante, lectrice assidue, rieuse et adepte du bonheur, Josiane cherche continuellement de nouveaux trucs pour remplir son quotidien de magie et de bien-être. Elle retrouve son essence en nature et rêve de vivre de son écriture, installée dans une petite fermette de campagne.

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