Déménager dans une autre province

4 mai 2016

déménager à l'étranger photo de cours arrière

Le 14 Janvier dernier, le lendemain de la réception de mon horaire de Sciences Pures au Cégep, j’ai décidé de tout laisser tomber. Ma session, mes projets d’université en Nutrition, mon plan de vie des prochaines années. Le 16 Janvier, une amie d’enfance, qui habite au Nouveau-Brunswick depuis 2 ans, m’a dit que son amoureux retournait au Québec et qu’elle se cherchait une coloc. Quinze minutes plus tard, je disais oui. Le 19 Janvier, ma voiture était remplie de ce qui allait constituer mon univers des prochains mois. J’ai fermé la porte de mon appartement, mis mon bébé chat dans sa cage et j’ai pris la route pour effectuer les 6h qui me séparaient de mon nouveau chez-moi.

La première semaine a été difficile psychologiquement parlant. Au Québec, j’habitais à 3 rues de chez ma mère et de chez la plupart de mes tantes. Je voyais ma famille plusieurs fois par semaine et j’étais à un peu plus d’une heure de mes plus chères amies. Et voilà que je me retrouvais à l’autre bout du monde (j’exagère à peine), avec une amie que je n’avais pas côtoyé depuis l’école primaire. Heureusement, je me suis trouvé un travail très rapidement, dans un très chic restaurant japonais où la moitié du personnel parle uniquement coréen (oui, j’aime la facilité). J’étais dans un tout autre univers.

Au début, j’aimais observer les différences. La langue, les coutumes, la circulation, les transports en commun, les boutiques, etc. Tout me faisait sourire et j’appelais ma mère pour lui faire des contre-rendus de ce qui était, à mon avis, mieux ici ou mieux au Québec.

Lorsque Mars s’est terminé, le temps a commencé à être long. Je n’avais plus le goût de parler anglais et je me révoltais lorsque je ne voyais pas la province de Québec représentée sur une carte quelconque. Mon anniversaire avait été précédé d’une période intense en nostalgie, très dure sur le moral. Ma colocataire passait la plupart de son temps au travail ou au téléphone avec son ex-amoureux qui essayait de la convaincre de lui redonner une chance. À part mon chat et les serveuses des coffeeshops, je ne voyais pas grand monde. Une chance que j’ai toujours été bien toute seule.

Je crois que c’est ce qui a été le plus dur pour moi dans ce voyage. J’étais toute seule. Oui, j’avais une amie, mais son absence régulière était encore plus lourde pour moi puisque nous habitions ensemble. Je ne rencontrais personne à l’extérieur du travail et mes collègues serveuses se voyaient uniquement le soir pour aller boire un verre au bar (je ne bois pas vraiment). Et puis je me suis rendue compte que je n’avais pas vraiment envie de tisser des liens. Je n’avais pas le goût de tomber amoureuse, en amour ou en amitié, pour qui que ce soit. C’était trop loin et je ne restais pas assez longtemps. Donc cette solitude était probablement de ma faute. Lorsque je m’en suis rendue compte, ça m’a enlevé un poids, une pression. C’était un choix et non une fatalité.

J’en ai profité pour vivre cette expérience à fond. J’ai visité Halifax par moi-même, je me suis promenée dans des musées, j’ai fais les cafés et les petits restaurants de la ville armée d’un livre, je me suis inscrite à la bibliothèque et j’ai pris de longues marches toute seule. Et c’est ce dont je suis le plus fière, l’aspect de moi qui a le plus grandit de cette expérience. J’ai toujours été bonne à être toute seule, mais là ce n’était plus une source d’arrêt. Je sais à l’avenir que si j’ai envie de faire quelque chose, d’aller quelque part, je vais assumer et très bien vivre le fait d’y être seule. Je n’ai pas encore été dans un bar toute seule, par contre. C’est une autre game, et puis comme je le mentionnais plus haut, je ne bois plus vraiment. Mais pensez-y. Pensez à toutes les choses qu’on mets en stand by en attendant d’avoir quelqu’un avec qui le faire, pas parce qu’on préfèrerait y aller à deux, mais parce que nous ne voulons pas y aller seule. Le cinéma, les restaurants, la nouvelle exposition à la Galerie d’art… Maintenant, sky’s the limit.

Maintenant, le décompte est commencé. Dans moins d’un mois, je retourne au Québec. Comme avant chaque nouvelle étape de ma vie, j’ai déjà commencé à faire des plans, à booker des sorties avec des amis et à parler futur. J’ai vécu ce que j’avais à vivre ici et j’ai hâte de voir ce que l’avenir me réserve (même si ma voyante me l’a un peu dit).

Je vais ressortir de cette expérience avec un regard nouveau sur les Québécois. Ces quelques mois loin de ma province m’ont fait réaliser plusieurs choses que j’aime beaucoup du Québec, comme son ouverture d’esprit et sa langue (on ne croirait pas ça quand on y vit, mais ici, les gens militent contre l’avortement et il y a une énorme pancarte avec un message de la bible des Témoins de Jéhovah de l’autre côté de ma rue). Et je sais que je vais m’ennuyer de certaines choses du Nouveau-Brunswick, comme la courtoisie des gens au volant qui laissent passer les piétons avec plaisir (contrairement au Québec où il est difficile de traverser sur les passages prévus à cet effet) et ce mélange des deux cultures de l’Amérique du Nord qui s’exprime principalement par une grande diversité de boutiques, restaurants et services. Je vais ressortir de cette expérience avec un nouveau regard sur moi-même aussi, et surtout sur ma capacité à m’organiser toute seule dans n’importe quelle situation (ou presque, je n’ai pas vécu non plus dans l’Amazonie).

Xxx Josiane.

By Josiane

Bloggeuse, étudiante, lectrice assidue, rieuse et adepte du bonheur, Josiane cherche continuellement de nouveaux trucs pour remplir son quotidien de magie et de bien-être. Elle retrouve son essence en nature et rêve de vivre de son écriture, installée dans une petite fermette de campagne.

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